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L’Inde en vélo : l’extraordinaire aventure de Nathalie et Jérémie

Voyage Vélo Inde

Il est des personnes pour qui le voyage se vit avec intensité et passion. Nathalie et Jérémie font assurément partie de celles-ci. Avec une petite dose de folie, ils ont décidé de se promener à vélo pendant 6 mois et de découvrir l’Inde ! Des rencontres inoubliables et l’exploration de régions encore peu accessibles aux touristes plus traditionnels seront à n’en pas douter la récompense ultime à ces centaines et centaines de kilomètres passés sur leur selle de vélo. Je vous propose aujourd’hui de rencontrer ces cyclistes hors du commun.

Bonjour Nathalie et Jérémie, merci tout d’abord d’avoir accepté de répondre à nos questions. La première que j’ai envie de vous poser, c’est pourquoi ce voyage ?

J : Tout commence par un petit tour de 500 km été 2013, en France dans le but de s’échauffer et de visiter notre pays. Un mois dans les campagnes françaises nous a convaincu que le vélo est un moyen de transport agréable, que le contact avec la nature nous plait, que les montées sont terribles, que la pluie est embêtante et que l’air frais nous va bien au teint.

N : C’est décidé, un an plus tard, nous partons ! De plus en plus, nos vélos trépignent d’impatience. L’appel de la route se fait sentir. L’envie de traverser des paysages la bride abattue, pédales au plancher, devient insoutenable. Nous rêvons d’étincelles sous les fers des roues, d’évadées sauvages à travers monts, forêts, campagnes, déserts… Nous libérons l’appartement, rangeons notre confort dans les cartons, partons sur nos vélos avec notre nouvelle maison dessus, et jetons notre dévolu sur …. l’Inde !

J : L’Inde, un pays-continent, une destination qui nous semble se suffire à elle-même.
Ne pas avoir l’impression de ne réaliser qu’une partie d’un périple qui pourrait être plus grand encore,  comme ce serait le cas de ne faire que le sud de l’Amérique Latine et s’arrêter au milieu par exemple…

La curiosité pour un mode de vie particulier, aller dans un endroit encore que nous ne connaissons pas pour avoir un œil neuf ainsi que trouver un itinéraire que l’on peut parcourir en six mois de vélo, et où la variété géographique, visuelle et culturelle semble pouvoir donner du grain à moudre à notre soif de découverte et de la variété aux pinceaux.

N : Turbans colorés, temples mystiques, Gange tumultueux, nourriture saturée d’épices, cérémonies étonnantes, vaches sacrées, spiritualité palpable, devenir des as de la dégustation de thé… Les clichés seront probablement justifiés, mais à leur seule évocation, l’envie de faire notre sac pour « aller voir ».

J : Alors nous avons été voir.

N : Là-bas, pour de vrai.

Voyagez-vous avec un programme précis ou bien suivez-vous juste le gré de vos envies ? Quelle préparation (physique et logistique) avez-vous effectué avant de vous lancer ?

J : Nous avons établi un semblant d’itinéraire en fonction des saisons : les étés en altitude pour éviter chaleur et mousson, les hivers si possibles le long des côtes et près des tropiques, étudiant les vents dominants pour éviter de l’avoir en pleine bouille…

N : Notre parcours ne peut être prévu précisément. L’aspect aléatoire des rencontres, les conditions météorologiques et la volonté de Vishnu, Krishna et Ganesh devraient nous apporter quelques bonnes surprises !

J : Nous irons là où les saisons clémentes veulent nous accueillir. La soif de découverte sera notre gouvernail. Niveau préparation, le premier voyage en terre inconnue fait peur. Nous préparons donc notre voyage pour canaliser cette peur. Un peu trop, sûrement, car nous savons intérieurement qu’il se composera sur place et s’improvisera beaucoup.

Nous vadrouillerons avec nos propres économies, comme autant de noisettes mises de côté durant nos années de travail.

Quel est votre itinéraire ?

N : De Leh, tout au nord dans les contreforts de l’Himalaya, jusqu’à la pointe sud du Kérala.

Les cols du Ladakh, les temples Sikhs du Penjab, les dunes du Rajasthan, le désert de Kutch, la foule de Bombay, les plages de Goa, les ruines de Hampi, les plantations du Karnataka, les canaux du Kérala…

Voici notre itinéraire supposé d’environ 6 000 km, en espérant qu’il soit bousculé par les rencontres, les découvertes, les surprises…

Pourquoi à vélo ?

J : Voyager en vélo nous semble simplement un des moyens les plus pragmatiques pour voyager lentement au cœur du peuple. Nous sommes attachés au contact avec le sol, la terre et ses habitants.

N : « Et la marche ? », me direz vous ? Louanges à ceux qui l’ont fait, mais nous craignons de faire subir à nos épaules et genoux de trop lourds dégâts.

Il y a aussi une satisfaction de traverser un pays à la force des mollets. La ligne rouge ininterrompue prend forme sur la carte que l’on prend soin de replier et de conserver. Nous ne voulons pas « être transportés » en faisant des « sauts de puce » d’un point A à un point B, que l’on gagne en bus, train ou voiture.

J : De surcroît, nous ne sommes pas des mécaniciens nés. Changer une chambre à air et resserrer des câbles de freins sont de réels apprentissages pour nous ! Puis, voyager en vélo, c’est vraiment pas cher. Entretien et remplacement des pièces comprises, mon vélo a parcouru, pour 2 000 euros, 30 000 km. Soit environ 0.06 euro au kilomètre.

Quels sont les objectifs quand on fait un tel voyage ? Est-ce que ce sont d’abord des objectifs par rapport au défi physique ou est-ce que ce sont plutôt des objectifs de rencontres, de découverte, de remise en question de soi-même ?

J : On se cherche parfois de nobles motivations pour voyager. Faudrait-il que notre voyage serve à quelque chose ! Que l’on reconnaisse l’utilité de notre périple ? Alors on se creuse. Bref, on dépense souvent énormément d’énergie pour pas grand chose.

N : Ce voyage à vélo n’est pas un défi sportif. Nous n’avons pas de bonne cause à défendre, pas d’association humanitaire que l’on pourrait aider, ni d’ambition et encore moins de record à battre. 6 000 km, c’est une grandeur arbitraire, liée à un système de mesure parmi d’autres.

J : Nous n’avons pas de fierté à résister à la souffrance physique car nous nous arrêtons quand la fatigue se fait sentir. Pas glorieux non plus d’affronter les risques de la haute montagne car nous nous laissons guider par la poésie des paysages.

N : Les jambes et la tête travaillent ensemble pour que le vélo et son cavalier avancent.

J : Halalalala, le doux parfum de l’aventure, le bruit du vent dans les rayons, celui du sifflement des crevaisons… En fait, ce que nous recherchons, c’est justement ce qui nous a poussé à partir : l’envie d’être dépaysé !

Avez-vous certaines angoisses ou certaines craintes ? Et au contraire, quels sont les moments les plus gratifiants et les plus enrichissants ?

N : La seule crainte que nous ayons est celle de la santé. La santé physique à cause des maladies et des accidents, et la santé mentale liée à la découverte d’un pays, d’une culture que nous ne connaissons pas.

J : Mais l’envie est forte et nous commençons petit à petit le difficile chemin d’apprentissage de la maîtrise de soi. Principe bouddhiste, ça tombe bien ! Nous nous efforçons de maitriser les émotions négatives pour dompter l’animal sauvage tapi au fond de nous-même.

Que peut-on vous souhaiter pour ce voyage en vélo ?

N : Question difficile… Peut-être qu’il ne soit pas vécu comme « une parenthèse », mais qu’il s’inscrive dans la continuité de notre vie en France et qu’il se prolonge naturellement après notre retour !

Merci à Nathalie et Jérémie d’avoir répondu à ces quelques questions. Toute l’équipe de Shanti Travel leur souhaite un maximum de réussite et de chance dans le bon déroulement de leur aventure qui sera à n’en pas douter exceptionnelle. Prenons rendez-vous dans 6 mois pour voir comment nos 2 cyclistes auront vécu ce beau voyage !

En attendant, vous pouvez les suivre sur leur site Internet : http://inde-a-velo.jeremiebt.com/

Pour créer votre voyage sur mesure en Inde, faites appel aux conseillers voyages de Shanti Travel : http://www.shantitravel.com/fr/voyage-inde/

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