Mar
2013

L’ascension de Triund à Dharamsala – Premier volet

Publié le 25/03/2013 par Maud ShantiTravel

DharamsalaEntre excitation et anxiété : en avant pour la grande ascension

Arrivée la veille à McLeodGanj après une nuit épique en sleeper class, mes amis et moi-même nous préparons – quelque peu anxieux- pour l’ascension de Triund.Les guides nous promettent tous une belle randonnée à faire dans la journée, même si certains indiquent 4h, d’autres 6h…
Nous nous renseignons donc plus précisément auprès de l’adorable famille tibétaine qui tient notre ravissant hôtel, le 8 Auspicious Him View. Ils nous annoncent que la neige sera au rendez vous sur les hauteurs (justement ce que l’on venait chercher !)

L’excitation des vacances et la magnifique lumière du soleil se levant sur les monts Himalayens ont raison de nos envies de paresse et à 6h, nous sommes déjà sur le balcon de la chambre à admirer le paysage et nous imprégner de l’ambiance sereine et spirituelle de la résidence du Dalaï Lama : un troupeau de chèvres passe gaiement sous nos fenêtres, des mules gambadent autour, un homme récite des prières…

Paysage de montagnes - DharamsalaPour bien se préparer à l’ascension nous engloutissons un copieux petit déjeuner tibétain (même menu que pour le lunch) : muesli et salade de fruit, ou délicieux pancakes « fluffy » comme tout ce que nous voyons dans la région : les chiens sont fluffy, les pancakes, les arbres, les vêtements, même les chèvres sont fluffy… Dans ces hauteurs, il n’est pas étonnant que tout revête la fluffiness (un mot bien difficile à traduire peut être le mot touffu pourrait convenir).

De la ville au sommet : des paysages sublimes

Munis ensuite de nos packed-lunch tibétains nous entamons l’ascension qui débute dans la ville en éveil. Un dernier coup d’œil au magnifique temple bouddhiste rouge et or qui surplombe les alentours, et nous bifurquons par la droite vers Dharamkot. Sur la route, nous rencontrons de paisibles familles qui promènent des chiens improbables, toutes races confondues, du basset au St Bernard.

L’ascension se révèle d’abord joyeuse et facile, le soleil rayonnant nous réchauffe mais nous restons accrocher à nos blousons par crainte que l’altitude ne crée des chocs de température trop importants. Après le passage d’un premier dhaba, la route commence à devenir plus laborieuse mais quel panorama s’offre à nous ! Nous sommes vite rejoints par des moines tibétains, accompagnés de leurs mules. La vue devient de plus en plus sublime à mesure que les villages se réduisent et que les drapeaux tibétains se multiplient.Drapeaux tibétains

Plus nous peinons, plus les rhododendrons se densifient toutes fleurs offertes à nos yeux émerveillés. De quelques touches de couleurs sur le chemin, ils s’épanouissent bientôt en petites forêts rouges. Enfin, la neige fait son apparition… sur ma figure d’abord : la première à avoir atteint une couche de neige en a profité pour bombarder de boules de neige les retardataires !

L’arrivée récompense les efforts de marche

Il fait pourtant toujours chaud et les sommets se profilent de plus en plus. Mon ami n’en peut plus, il est presque midi. Je m’arrête donc avec lui tandis que les deux autres poursuivent à leur rythme pour manger un morceau. Nous en profitons pour écouter les témoignages des voyageurs revenus du sommet. Le passage est apparemment difficile car couvert de neige et de glace…

Mais s’ils ont réussi à le faire, pourquoi pas nous ?

Nous nous lançons donc dans l’ascension et manquons de glisser dans le décor à chaque pas. Pour mon ami, c’est la première rencontre avec la neige, ce qui ne manque pas d’émotion ! Mais nous sommes tellement concentrés sur nos gestes que l’on en oublie de s’attendrir.
L’arrivée au sommet est alors un soulagement et un émerveillement : oui la vue sur les monts enneigés est un ravissement et mérite tout le mal que l’on s’est donné pour le rejoindre.

rhododendrons en fleursMais le plus dure reste la redescente. Nous sommes en effet bien fatigués et la partie neigeuse est devenue une piste de luge qui attire désespérément nos postérieurs meurtris.

Nous arrivons à la tombée de la nuit, ravis et épuisés, sachant d’avance qu’il nous faudra 3 jours pour nous remettre de cette marche de presque 20km et 2200 mètres de dénivelé.