Juil
2016

Lydia Gautier, expert thé du voyage ‘Les Feuilles d’Or de Ceylan’

Publié le 07/07/2016 par Françoise ShantiTravel

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Lydia Gautier, expert thé accompagnera en janvier 2017 le circuit « Les Feuilles d’Or de Ceylan », l’un des dix voyages de l’Odyssée d’Asie créés par Shanti Travel pour son dixième anniversaire. Les voyageurs bénéficieront de l’expertise exceptionnelle de Lydia pour acquérir des connaissances sur toutes les facettes de l’univers du thé. Ingénieur agronome, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages et assure des missions aussi bien auprès des producteurs de thé que des grandes marques de distribution.

Lydia, qui a ressenti une véritable exaltation à débroussailler le chemin vers le monde du thé semble avoir les atouts pour trouver celui qui mène à la plantation dont elle rêve.

Comment votre passion pour la botanique et le thé sont-elles nées ?

Auprès de ma grand-mère maternelle qui était passionnée de botanique. C’est elle qui m’a initiée aux ‘leçons de choses’ comme on disait à l’époque, en m’apprenant à reconnaitre les plantes et à les classer dans des herbiers. Ma grand-mère paternelle, elle, était une grande buveuse de thé.

Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai fait des études d’agronomie à l’INA Paris Grignon et dès la classe « prépa », j’avais déjà le thé en tête, sauf qu’il n’existait aucune formation spécifique. En dernière année de l’agro, confrontée à l’exigence d’un choix, j’ai opté pour une spécialisation en économie du développement tropical qui était en relation avec les pays producteurs de thé.

Comment êtes-vous devenue un expert thé alors que cette spécialisation ne fait pas partie d’un cursus académique ?

En fait, je me suis formée toute seule par les voyages dans les pays producteurs, la lecture et surtout la dégustation de nombreux crus de thé dès les années 1990. J’ai fait mes premiers pas d’ingénieur agronome dans le domaine du vin, dans des vignobles français et sud-américains. Cette formation m’a été précieuse car l’univers du vin a des points communs avec celui du thé. Même s’il ne s’agit pas des mêmes familles aromatiques, l’univers du thé est aussi riche en goût et en arômes que celui du vin. Un cours de formation au thé s’apparente à un cours d’œnologie auquel il emprunte le champ lexical quand il s’agit de mettre des mots sur des sensations.

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Comment êtes-vous entrée de plain-pied dans l’univers du thé ?

En 1995, j’ai fait la connaissance de François-Xavier Delmas, fondateur du Palais des Thés. En même temps que je le secondais pour la sélection et l’achat des crus, a germé le projet d’ouvrir un centre de formation. Cela a abouti à la création de l’Ecole du Thé en 1998 que j’ai dirigée et animée pendant 4 ans. Ensuite, je suis partie vivre au Mali. J’ai alors écrit mon premier ouvrage, Le thé arômes et saveurs du monde, paru chez Aubanel en 2005 et traduit en plusieurs langues. J’ai alors commencé à travailler sur des missions variées, allant de chef de projet pour le lancement d’une marque de thé au Liban à la création de mélanges sur mesure pour des marques de luxe telles Fauchon et Hédiard ou des formations dans des secteurs de la parfumerie, Dior, et de l’hôtellerie de luxe. J’ai élargi progressivement mon expertise au monde de la tisane et des plantes aromatiques. Même si j’ai un penchant naturel pour les thés de pures origines telles que le Ceylon Tea, les thés parfumés avec des fleurs, des épices ou des fruits sont importants, ouvrant la porte du thé aux consommateurs néophytes.

En quoi l’univers du thé est-il si attrayant pour vous ?

C’est un univers gourmand, vertueux puisqu’on manipule des produits qui symbolisent le bien-être et la gourmandise et ce, depuis très longtemps en Chine, berceau du thé. J’ai aussi exploré avec le thé la dimension du voyage et de l’ethno-gastronomie. Il a été ritualisé dans de nombreux pays. Chaque société s’est appropriée ce breuvage millénaire, l’a transformé à sa manière. On ne boit pas le thé de la même façon en Inde, en Chine, en Russie, au Maroc, en Angleterre ou au Japon. C’est un vecteur culturel fort toujours synonyme de convivialité.

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Vous êtes co-auteur avec Jean-François Mallet de Thés et Mets : Subtiles Alliances paru chez Aubanel en 2008. Avec quoi s’accorde un Thé de Ceylan ?

Dans ce livre nous montrons comment le thé peut s’accorder avec la cuisine de tous les jours et pas seulement avec la cuisine asiatique. Au Sri Lanka, il n’y a pas un thé mais de nombreux crus aux couleurs et terroirs variés. Prenons un des plus connus sur le marché international, un thé noir de Ceylan OP, grand classique charpenté avec une légère amertume et un fond boisé fruité. Il va s’accorder avec la douceur du chocolat au lait ou d’une simple compote de pommes à la cannelle. Il pourra aussi très bien s’harmoniser avec des mets « costauds » comme la cuisine épicée au curry, ou des fromages à pâte pressée cuite comme un Comté fruité ou un Beaufort d’été.

Un conseil pour préparer le thé ?

A chaud comme à froid, il faut faire attention à la qualité de l’eau qui est le facteur qui impacte le plus le goût du thé ou de la tisane. Il faut choisir une eau filtrée ou de source faiblement minéralisée. La température de l’eau, le dosage et le temps d’infusion sont aussi des critères importants.

Pour un thé glacé, il est préférable de faire infuser thé ou tisane à température ambiante pendant une demi-heure à une heure et de réserver au réfrigérateur. Le breuvage est plus doux, ne se trouble pas et développe ni amertume ni astringence, ce qui se produira si on prépare à chaud et qu’on ajoute des glaçons.

Vous voyagez beaucoup ?

Trois fois par an en moyenne, je vais à la rencontre des producteurs et la relation que j’entretiens avec eux est indispensable. Ils sont à l’origine de nos thés bus quotidiennement. Le thé est ‘fini’ lorsqu’il sort de la plantation et le producteur a la totale maitrise de la qualité de son produit. Il ne faut pas oublier que le thé est un produit de terroir c’est-à-dire comme disait un moine taoïste « la combinaison de la terre, du ciel et de l’Homme ». Aller à la rencontre des producteurs est vraiment important pour comprendre ce qu’on boit ou ce qu’on mange. D’où l’intérêt du circuit « Les Feuilles d’Or de Ceylan »…

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Vous connaissez le Sri Lanka ?

J’ai fait plusieurs voyages au Sri Lanka, à la fois pour accompagner des amateurs sur les routes du thé, mais également en mission professionnelle dans le cadre de mon expertise, pour Comptoirs Richard notamment dernièrement, connus pour le café et qui proposent aussi toute une gamme de thés et de tisanes.

Que pensez-vous de l’itinéraire des « Feuilles d’Or de Ceylan » ?

Faire la route du thé au Sri Lanka, c’est véritablement sortir des sentiers battus. Hormis le thé, j’aime la facette « botanique » mise en avant dans ce voyage avec le jardin de Peradeniya et les épices. Nous allons parcourir et découvrir les principaux terroirs et au cours des deux ateliers que j’animerai, j’aborderai l’histoire du thé en général, ses couleurs, sa dimension terroir avec un focus bien sûr sur les terroirs des Thés du Sri Lanka et leurs spécificités. Les séances de dégustation permettront d’affiner la connaissance de leur diversité.

Quel est votre coup de cœur au Sri Lanka ?

Devinez … Kandy et les montagnes du Centre et leurs Tea Estates bien sûr !

Lydia Gautier : http://www.lydiagautier.com/

Si  partir sur les routes du Thé de Ceylan vous séduit, suivez le lien suivant : Les Feuilles d’Or de Ceylan et prenez contact avec Françoise, créatrice de ce voyage qui répondra avec plaisir à vos questions.

Faites connaissance avec Juliet Coombe et Herman Gunaratne, intervenants avec Lydia Gautier sur ce voyage d’exception.

Mots-clés : plantation thé sri lanka,

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À propos Françoise ShantiTravel

Entre le Sri Lanka et moi, c’est une vieille histoire ! C’est dans cette île que j’ai fait mes premiers pas dans le tourisme à la fin des années 70, lorsqu’elle était une destination très en vogue. Là est née ma passion pour l’Asie et j’ai en même temps contracté le virus du voyage. Avec du recul, décollages et atterrissages ont été les clefs de voûte de mon parcours. La guide-accompagnatrice globe-trotter a fini par poser ses valises dans la presse écrite, la publicité, le monde politique et la Culture. La culture, ce sera ensuite celle des choux et des tomates au Niger dans les parcs maraichers conjuguée à la défense des droits des esclaves ! Aujourd’hui, je savoure pleinement ce retour dans « mon » île si verte et en plein essor et suis ravie de pouvoir partager ma passion du Sri Lanka avec nos voyageurs ! Coup de cœur : la péninsule de Jaffna pour ses paysages, ses vélos, les touches colorées des saris qui me renvoient aux images du Sri Lanka d’autrefois.