Mai
2017

Un trek en lodge au Langtang avec Charlotte, Experte voyage Népal

Publié le 31/05/2017 par Charlotte Piffard

Trek en lodge au Langtang, après l’effort… Charlotte, Experte voyage au Népal nous partage son expérience au coeur de l’Himalaya

160 Km parcourus. 9 jours de marche. Un col a 4600m d’altitude. 27 Litres d’eau bu. Probablement autant transpiré. 2 ampoules et des étoiles par milliers. Kyanjing Gompa. Derniers efforts avant d’apercevoir en contrebas le village qui achève notre journée.

Huit heures de marche, huit heures d’un pied devant l’autre, de moments seuls dans nos pensées, de rires de fatigue, de cris d’épuisement, de discussions à refaire le monde et chacun de ces pas à contempler la splendeur des sommets himalayens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivée à 16h au lodge, nous sommes à 3900 mètres d’altitude, entourés de glaciers et de sommets enneigés. Les derniers rayons de soleil réchauffent les chambres et la Vallée. La nuit tombe vite, le sceau d’eau gelée en guise de douche, pas autant ! Mais rapidement les vêtements chauds, secs et à moitié propres sont d’un réconfort inégalable. Les trekkeurs s’installent autour du poêle de la pièce principale et partagent la chaleur qui s’en dégage. Le bois, la chaleur, les bougies et les coussins qui bordent les fenêtres rendent l’atmosphère chaleureuse. Ici, le temps s’arrête. On bouquine, on écrit, on joue aux cartes ou aux échecs les pieds au chaud dans de grosses chaussettes ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est le repos des guerriers, beaucoup ne trouve plus la force de parler, les muscles et les corps sont éteints. Mais l’on se demande d’où on vient et où l’on va. A ce moment-là, nous partageons tous les mêmes sensations en silence, les mêmes questionnements, on se remémore la journée passée et on pense à celle qui nous attend demain.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient le moment où les délicieuses odeurs du diner émanent de la cuisine. Ces cuisines ordonnées de façon similaire dans chacun des lodges: casseroles, assiettes, bols et tasses en acier mis cote à cote sur des étagères en bois. Le poêle, lui, est situé au milieu de la pièce où le pain tibétain cuit à même la fonte. Les gérants du lodge, en général en couple, s’activent à la préparation et à la découpe des légumes pour servir leurs invités au plus vite. Ils ont l’habitude et un soin tout particulier est apporté au confort des voyageurs. Ces gestes sont répétés jour après jour, année après année.

 

 

 

 

 

 

 

 

Au moment du diner, les langues se délient, on échange sur les douleurs des corps, les impressions de la journée, des mêmes chemins empruntés et vécus différemment. Puis on termine le repas avec un verre de Tchang, cet alcool de riz local qui fait sourire et qui réchauffe. Les pommettes sont rougies par le soleil, mais pas que…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est alors au tour de notre guide, Sandeep, de venir prendre la commande du petit déjeuner. Après chaque diner nous avons le droit à un « So, let’s talk about tomorrow ! ». Les rires s’installent, on appréhende déjà de savoir si la journée sera faite de montées ou de descentes ! On se met d’accord sur l’heure du lever, du thé et du départ.

 

 

 

 

 

 

 

 

21h, le soleil a déjà quelques heures de sommeil d’avance sur nous, l’appel du lit est un moment indescriptible ! La journée a été longue, place aux rêves et à la chaleur des couvertures. On partage dans ces lieux un instant de vie avec ces peuples Sherpas et Tamang. Leurs sourires francs et accueillants qui voient arriver chaque jour ces marcheurs qui ont traversé le monde pour traverser leurs montagnes.

Je me demande s’ils réalisent la beauté de ce qui les entoure. Ils y sont tous nés, connaissent leur montagnes par cœur mais ils me donnent la sensation de ne pas les avoir apprivoisées, encore à l’état sauvage et indomptables. On dirait parfois que comme nous, ils se sentent microbes face à l’immensité, la puissance et la force de cette nature qui nous domine. Le maitre mot est le respect de ces lieux.

 

 

 

 

 

 

 

Lever 6h, on se réveille au son des prières adressées à Buddha. J’aime à penser qu’on prie pour les voyageurs qui reprennent la route…

Lecture conseillée : Le fils de l’Himalaya de Jacques Lanzmann.