Juin
2015

India Express : Constantin Simon répond à nos questions

Publié le 23/06/2015 par Rémi Shanti Travel

Constatin Simon

Voilà 7 ans que Constantin Simon arpente l’Asie avec sa caméra pour les télévisions françaises (principalement France 24). A la suite de mille et une histoires, anecdotes, aventures écrites un peu partout dans des carnets, il se décide à les rassembler pour en faire un roman ! C’est Pierrot, journaliste tout fraichement sorti d’une école, qui saisit l’opportunité de suivre une reporter entêtée et infatiguable. Elle va l’entraîner dans de multilples aventures sur le sous-continent indien.

Entre face cachée du journalisme et passion pour le pays, Constantin Simon répond à nos questions :

1) Bonjour Constantin ! Voici la première chose qui nous questionne : qui donc se cache derrière Pierrot ?

Ce personnage est moi-même dans le sens où il est un jeune reporter construit à partir de mes voyages et mes souvenirs tout en étant romancé ! C’est une auto-fiction, mais la force de livre c’est qu’il est nourri du réel. Pierrot est aussi un homme-orchestre, un mélange de tous les journalistes que j’ai pu rencontrer ou même croiser au quotidien. Il reflète bien ce qu’est un journaliste reporter caméra aujourd’hui.

livre de Constantin Simon

2) « India Express », un titre qui nous a finalement étonné quand on sait le temps de maturation de ce livre et la longueur du périple de Pierre jusqu’au Japon. Pourquoi ce titre ?

C’est vrai que ce livre est le fruit de plusieurs années d’expériences, de notes et donc de maturation. Mais le titre d’ « India Express » reflète bien le rythme effréné du métier de journaliste mais aussi le rythme de l’Inde. Même s’il arrive parfois que le héros soit bloqué ou ralenti dans ses projets, il reste l’énergie de ce pays et son propre dynamisme qui trouve toujours une solution.

3) Au cours du périple du héros, on le suit à travers ses désillusions ou bien ses joies dans son métier de reporter. Conseillerais-tu à un jeune reporter de s’aventurer ainsi directement dans ce grand pays pour une première expérience ?

Une fois qu’on a fait l’Inde, on a tout fait ! Les endroits les plus dépaysants sont souvent la meilleure école pour ce métier. Ce chaos indien peut engendrer des moments difficiles, des crises existentielles… il faut vraiment avoir le goût du métier. La foule, cette densité humaine folle, la paranoïa, la chaleur, l’épuisement… c’est une expérience forte mais formatrice.

4) Pourquoi aimes-tu autant l’Inde malgré ses côtés parfois difficiles ?

Plus que le charme du Rajasthan, la quiétude du Tamil Nadu, les odeurs du Kerala, la beauté du Ladakh… qu’est-ce qui attire tant de voyageurs ici ? C’est l’Homme. J’ai eu un coup de foudre pour cette densité de vie, cet accueil. Il y a tant d’histoires, tant de destinées ! Un milliard ! Ce n’est pas un pays de breaking news comme l’Afghanistan par exemple, mais la variété des sujets à explorer et à étudier est infinie.

Des rencontres extraordinaires

5) Tu travailles pour une grande chaine (France 24) soumise comme les autres au dictat de l’actualité et de la rapidité. Arrives-tu à t’affranchir de tout cela ?

Mon métier dans la réalité n’est pas aussi caricatural que dans le livre. La plupart des journalistes ont une éthique, mais bien sûr il y a aussi des travers permanents. Il faut résumer toute la complexité de la vie en très très peu de temps : parfois il faut simplifier. On appelle ça un angle : lorsqu’on aborde ou veut traiter un sujet, il faut un angle, une hypothèse. Mais sur le terrain, il arrive que cela soit différent. De plus, c’est inhérent au format télévisuel : il faut mettre en scène les choses.

6) Est-ce plus facile d’être derrière une caméra ou derrière un crayon ? Il y a un gouffre entre raconter en filmant et raconter en écrivant. Un gouffre de temps également : une heure de reportage ou plusieurs heures de lectures…

Constantin SimonJe préfère être derrière un crayon pour pouvoir prendre le temps, tatiller les phrases. C’est une autre manière d’avoir une expérience du monde, chez moi à Delhi, avec mon café, plongé dans un microcosme, en sécurité. Mais sur le terrain, on se protège aussi derrière la caméra, c’est comme un bouclier. La caméra montre ce qu’il se passe, je suis l’œil et cela suffit à justifier ma présence. En résumé, écrire et filmer sont deux choses totalement différentes, mais il n’est pas forcément plus facile d’être derrière un crayon.

(Vous pouvez regarder un de ses reportages sur le site arte.tv !)

7) Pourquoi ce livre ? Volonté de dénoncer quelque chose ou simplement envie de partager ces multiples expériences ?

Oui, je voulais dénoncer certains problèmes et porter un regard critique sur les professions du journalisme. Mais j’aime avant tout raconter des histoires : c’est de se plaisir qu’est né le roman.

 

8 ) As-tu un autre livre prévu pour bientôt ? Quels sont tes projets ? Rester encore longtemps en Inde ? Partir ? Tu as tout juste 33 ans…

Ce n’est pas encore totalement défini, mais je n’ai pas de retour en France de prévu. J’ai l’impression de m’être habitué à l’Inde, mais tous les mois je découvre quelque chose de nouveau. Pour mon prochain livre, ce sera probablement sur le Népal, plus largement un reportage dans l’Himalaya.

9) Une dernière anecdote à partager avec nos lecteurs ? La plus belle, celle qui coïncide entre le livre et la vraie vie.

Il y en a tellement ! Mais j’aime bien celle de Ratan tata. C’était pour le lancement de la voiture la moins chère du monde : le PDG Ratan tata donnait une interview ce jour-là qui a donné lieu à un vrai bain de foule et à une formidable bousculade. J’ai réussi à me faufiler jusqu’à ce monsieur afin d’avoir la meilleur image. Mais dans la précipitation et les bousculements, alors que j’étais juste devant lui, un crachat s’est échappé de ma bouche pour atterrir… sur sa cravate ! Ratan Tata, si tu lis ce poste, veuille accepter mes excuses !

 

India Express de Constantin Simon, disponible dans toutes les bonnes librairies !

 

Mots-clés : Constantin Simon, India Express,

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À propos Rémi Shanti Travel

Après une expérience forte en Israël et Territoires Palestiniens l'an dernier, j'aspirais à découvrir un pays plus pacifié mais tout de même riche de par sa culture et différent de par ses traditions. C'est ainsi que je suis arrivé en Inde pour travailler avec Shanti Travel. Quoi de mieux qu'une agence de voyage sur mesure, à visage humain, passionnée par le partage et l'authenticité, pour explorer ce merveilleux pays ?